Parution: « Au Chevet de la Santé »

imgIl est aujourd’hui largement admis que le système de santé appliqué en Occident est malade. Les symptômes sont connus : les résultats thérapeutiques sont décevants - alors que les coûts de soins sont en constante et inévitable augmentation - et des pratiques sanitaires déshumanisées caractérisent de trop nombreuses institutions de soins.
En revanche, ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience que notre modèle de santé biomédical constitue une menace alarmante pour la santé des personnes. Aux maladies nosocomiales contractées dans les institutions de soins s’ajoutent désormais les problèmes de santé iatrogéniques engendrés par la pratique de la médecine et les risques inquiétants de burn-out qui pèsent sur les soignants.
Pour Philippe Maire, la cause du mal réside dans le modèle de pensée matérialiste qui réduit l’être humain à une mécanique composée de différentes parties requérant des solutions externes en cas de dysfonctionnements. Le remède passe donc par le développement d’une représentation renouvelée de la santé comme d’un « processus multidimensionnel d’adaptation et d’équilibre dynamique ». Une vision systémique de la santé considère l’individu comme un tout intégré, à la fois partie d’un ensemble avec lequel il est en constante interaction, et système en soi. Cette nouvelle approche se doit d’être principalement préventive, non pas pour combattre les maladies ou supprimer les symptômes, mais pour stimuler les naturelles capacités adaptatives de l’être humain.
Corollaire d’une approche systémique de la santé qui s’inspire des médecines holistiques, il est également urgent qu’apparaisse une pratique spirituelle des soins qui laisse sa place à la mort et qui donne une fonction à la douleur.
Une pratique sanitaire qui intègre la mort et qui comprend une prise en charge de la douleur constituerait une opportunité pour le paradigme matérialiste et réductionniste du système biomédical de médecine d’évoluer vers une pratique holistique et spirituelle de la santé. On peut aussi émettre l’hypothèse qu’une telle pratique pourrait contribuer à humaniser les relations thérapeutiques, à améliorer les résultats cliniques et à réduire les coûts de soins grâce à une réduction des problèmes de santé iatrogéniques.